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Le rétablissement

Il s’agit d’une approche qui a vu le jour dans les années 90 aux États-Unis, élaborée à partir du vécu des personnes ayant des problèmes de santé mentale et qui avaient subi de mauvaises expériences avec les services de santé. Regroupées, elles ont commencé à exiger des soins de meilleure qualité en refusant de croire que la maladie mentale les condamnait à mener une vie de tristesse et de solitude. Ces utilisateurs de services choisissaient de mettre plutôt l’accent sur l’espoir, l’autonomie et l’amélioration du fonctionnement des personnes souffrant d’une maladie mentale.

Ils ont tenu à se doter de leurs propres définitions du rétablissement, la plus courante d’entre-elles provenant de William Anthony:

«C’est une démarche personnelle et unique, visant à changer l’attitude, les valeurs, les sentiments, les objectifs, les capacités et/ou les rôles de chacun. C’est la façon de vivre une vie satisfaisante et utile, où l’espoir a sa place malgré les limites imposées par la maladie. Pour guérir, le malade doit donner un nouveau sens à sa vie, et passer outre aux effets catastrophiques de la maladie mentale.»

Patricia Deegan, l’une des premières personnes à avoir «survécu» à la schizophrénie, explique que pour se rétablir, il est essentiel de constituer sa personnalité indépendamment de la maladie mentale «parce qu’à partir du moment où vous ne faites plus qu’un avec la maladie, il n’y a plus personne à l’intérieur pour faire le travail de guérison…»

«Le rétablissement est un processus de changement, unique et profondément personnel, des attitudes, valeurs, sentiments, buts, habiletés et rôles. C’est une façon de vivre une existence satisfaisante, ouverte sur l’avenir et contributive, malgré les limitations causées par la maladie. Le rétablissement implique le développement de nouveaux sens et buts à la vie de la personne au fur et à mesure qu’elle se réalise au-delà des effets catastrophiques de la maladie mentale.»  (Plan d’action en santé mentale 2005-2010. MSSS du Québec.)

Le travail d’intervention que nous effectuons auprès des personnes qui vivent avec un problème de santé mentale et qui ont des démêlés avec la justice ou qui vivent l’itinérance a comme but ultime leur cheminement dans le processus de rétablissement vers un espace de mieux-être et de satisfaction accrue de leur vie, qu’elles aient toujours ou non des symptômes de la maladie ou qu’elles aient ou non de la médication. Cet espace de mieux-être n’est pas commun à toutes les personnes et est plutôt très particulier à chacune d’elles.

Nous croyons que plus une personne sera consultée, écoutée, accueillie dans ce qu’elle dit et ce qu’elle désire, plus elle sera accompagnée vers l’atteinte de ses buts et aspirations, plus elle retirera de satisfaction dans sa vie, et moins les facteurs de désorganisation au niveau de sa santé mentale ou menant vers l’itinérance ou la judiciarisation seront présents.